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Quand tu annonces que tu vas tenter de passer de Zéro kilomètres courus à 42 kilomètres courus, tout le monde "s' extasie" sur les 42 kilomètres.
Après presque deux semaines de mise en route, je peux certifier que ce qui pose problème ce ne sont pas les 42 kilomètres mais bien le zéro de départ.
Je ne fais pas référence aux 0 km parcourus en 51 min publiés par mon appli running sur mon compte Facebook, ce qui aura eu le mérite de faire sourire (et qui est un sujet d'agacement à part entière) mais bien au degré Zéro de forme qui est le point de départ de la préparation au Marathon.
Je fais référence au fait que tu cours à l'envers.
Les évangiles selon saints Nurmi et Zatopek t'expliquent que tu commences doucement à courir puis qu'au fur et à mesure que ton corps s' échauffe tu gagnes en vitesse et aisance avant de ressentir une période de bien être au moment où les endorphines entrent en action. Après une grosse trentaine de kilomètres tu t'écrases sur un mur physiologique et les dix derniers kilomètres de la course sont effectués dans la douleur.
Las, depuis deux semaines, le moment où je me sens le mieux c'est au moment où démarre l'entraînement puis, au fur et à mesure de l'effort j'ai chaud et je ralentis pour atteindre très vite, sans passer par la case aisance et endorphines, le fameux mur (ou au moins un muret) derrière lequel doit se cacher -très bien ou très loin- le proverbial second souffle.
Bref, pas beaucoup de plaisir dans les séances d'entraînement.
NO PAIN, NO GAIN ?
Pire, après deux semaines de séances régulières, quand tu te testes sur une distance de référence, tu cours moins vite et avec moins d'aisance qu'avant l'entraînement.
Donc, du fait de la fatigue accumulée, en plus de courir à l'envers, tu n'avances pas, tu recules (dit comme ça, il y a une certaine logique...).
Mais le pire reste à venir.
Tu ne t'attendais certes pas à voir tes très modestes performances décliner consécutivement à l'entraînement mais renseignements pris, après un ou deux jours de repos, tout devrait s' arranger et la marche glorieuse vers un marathon en un peu plus de quatre heures (6 min au kilomètre), objectif dont l'atteinte incertaine sera le fruit de six mois d'efforts, pourra reprendre.
Sauf qu'à force de prendre des renseignements, tu finis par apprendre des choses que tu aurais préféré continuer d'ignorer.
Par exemple, sauf si tu es un fou d'ultra endurance (auquel cas il faut arrêter de lire ce blog qui n'est pas fait pour toi), et sauf si tu te renseignes sur l'entraînement à l'endurance, tu n'as jamais entendu parler de la Trans Europe, modeste course à pied de 4 484, 7 km (de Bari en Italie au Cap Nord en Norvège) qui se court en deux mois, soit une moyenne de 70, 1 km par jour, tous les jours.
Quel rapport avec mon objectif ? A la Trans Europe tu es éliminé si ta moyenne horaire est de 6 min au km. Autrement dit, tenir 42 km au rythme de 6 min/km, mon Graal, est le Zéro des coureurs de la Trans Europe.
Zéro vous dis-je.
A suivre ...
