Courir avec une béquille ?

Publié le par Grégoire CHEVIGNARD

A ne pas prendre au sens littéral, sauf à vouloir figurer au Guiness Book des records.

Il n'échappé à personne que la notion de deuxième souffle, notion dont la réalité reste à prouver, provient de la pratique de la course à pied et que cette notion implique la disparition d'un premier souffle et la traversée d'un désert aux dimensions d'un bac à sable ou du Sahara occidental selon le degré de fraîcheur physique ou d'entraînement du coureur.

La perspective de cette épreuves annoncée conduit chacun à s'interroger sur les moyens de la franchir dans les meilleures conditions possibles.

Dans une société qui a vu les phénomènes MTV et Jogging (ou Nike) apparaître et se développer en même temps, il n'est guère étonnant que la première aide à la course de fond soit la musique.

Le sujet a fait débat en 2007, quand la fédération américaine d'athlétisme a interdit l'utilisation d'appareils électroniques (USA Track & Field Association) avec deux arguments : écouter de la musique améliorerait les performances et serait donc assimilable à du "dopage" et écouter de la musique avec un casque serait dangereux (on n'entend pas venir le danger).

La réglementation a été appliquée puisque Jennifer Goebel a remporté le marathon de Lakefront (USA) mais pour avoir utilisé son iPod afin d'écouter de la musique entre le mile 19 et le mile 21, elle a été destituée de son titre. Déchue de son titre, l'ex-gagnante devra également remettre le prix de 500 dollars qu'elle avait reçu pour sa performance.

Mais est ce qu'écouter de la musique en courant apporte une aide réelle ?

Pour la caution scientifique, on peut se référer au livre, paru en 2010, de C Karageorghis, À l’intérieur de la psychologie du sport, qui affirme que écouter de la musique en courant peut augmenter les performances de 15% et ajoute que "la musique est une drogue légale pour les coureurs".

Toutefois, selon le Dr Karageorghis plus on court vite, moins la musique a d’effet. «Les meilleurs athlètes (…) ont tendance à se focaliser sur eux-mêmes quand ils courent.» Bref, si tu cours comme un pied, tu peux écouter de la musique, ça peut aider.

Autre avis recueilli auprès de Laurent Jalabert ( http://www.rue89.com/et-pourtant/avant-un-marathon-priere-de-laisser-votre-ipod-au-vestiaire). L’ex-champion cycliste a couru le marathon de New York (en 2h55) et s’est mis au triathlon. Oui, il a un iPod, mais non il ne l’utilise pas quand il court. D’abord parce qu’il a besoin d’entendre les voitures arriver alors qu’il s’entraîne en courant sur route. Et surtout parce qu’il préfère s’écouter : "C’est une habitude d’écouter ma respiration. Si on ne s’entend pas, on maîtrise moins l’effort. On court au rythme de la musique plutôt que de son propre corps."

Depuis cette interview, nous avons appris que Laurent Jalabert, dans sa version cycliste, avait recours à des béquilles moins lyriques et plus chimiques ; peut être que sans piquouzes il aurait écouté du blues.

Heureusement (?) je suis encore loin du niveau des champions et ne risque donc guère d'être disqualifié, pour cause d'écouteurs, en cas de victoire ou podium ... Que faire alors ?

Il existe des sites internet qui proposent des musiques dont les rythmes sont synchrones avec celui de notre course et, donc, susceptibles d'aider le coureur à maintenir le cap pendant tout le marathon.

Malheureusement, vu mon rythme de course, je risque de me voir proposer une musique d'ascenseur, un requiem ou une marche funèbre. Très peu pour moi !

A l'inverse, si je cours avec mon habituelle collection de titres, je risque de me retrouver, avec Rocky, en pleine accélération dans une montée ! Sauf que Sylvester ne montait qu'une volée de marches, j'aurai 42 km à finir ...

Les puristes affirment qu'il faut courir oreilles nues, à l'écoute de son corps et de sa respiration. Pour ma part, je connais déjà ce que sera le message de mon corps et je ne suis pas certain de vouloir être effrayé, avant la fin de la course, par mes râles de tuberculeux.

Enfin, pour ce qui est de l'aspect sécurité, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de voitures sur le parcours du Marathon de Paris (sauf à être très en retard sur les premiers).

Bref, il semblerait qu'un compromis raisonnable serait de n'avoir recours à la béquille musicale qu'une fois la fatigue bien installée et la ligne d'arrivée encore éloignée.

Mais cela pose une autre question : qui va porter mon iPod pendant les 30 premiers km ?

A suivre ...

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Courir avec une béquille ?

Publié dans Cogito ergo sum

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C
Je connaissais l'Abbé chamelle mais pas l'abbé Quille.
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D
Et courir avec la béquille? A 42 ans sur 42 bornes ... Ton frère Roch-O me paraît plus en mesure (si je puis dire) de le faire ...
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