Quand on veut, on peut
Si on en croit cet adage, le plus difficile, dans l'organisation d'une compétition sportive, n'est pas de trouver un vainqueur -ils sont légion à vouloir gagner- mais de n'en trouver qu'un seul et de parvenir à trouver des competiteurs qui souhaitent ardemment n'être que deuxième ou troisième.
En effet, comme il suffit de vouloir pour pouvoir, enrôler deux forcenés de la victoire reviendrait à retirer tout intérêt à l'épreuve sportive, les deux participants arrivant nécessairement en tête, ex aequo.
Il convient d'être très pointilleux dans la recherche afin d'éviter de monumentaux loupés (comme l'arrivée, main dans la main, des deux premiers de la 6000D en 2013) ou une débauche de moyens (par exemple jurés vérolés en patinage artistique) pour départager tous ceux qui, voulant gagner, ont donc gagné.
Longtemps, l'essor du sport comme divertissement de masse (je parle des participants, pas des spectateurs) a souffert de cette vérité, les organisateurs peinant à trouver un coureur voulant absolument être, par exemple, 167eme, puis un autre 168eme, etc, etc.
Heureusement, le baron Pierre de Coubertin a eu l'excellente idée de décréter que seules les trois premières places avaient de l'importance et méritaient d'être distinguées, toutes les autres pouvant etre réservées à la masse des insignifiants et médiocres participants, ce qui a ouvert les compétitions sportives à l'ensemble des quidams sans aucune ambition ou volonté. Depuis cette géniale trouvaille, les marathons sont devenus de gigantesques happening.
Ou alors, peut être que cet adage n'est qu'à moitié exact, mettant trop l'accent sur la culture, pas assez sur la nature.
Il semblerait, en effet, qu'en matière d'efforts physiques le patrimoine génétique puisse jouer un rôle ; ainsi, en moyenne, les joueurs professionnels de basket sont plus grands que les jockey professionnels ...
