Tout seul, ensemble
Le mois d'octobre a débuté, sur le bitume, avec un 10 km (de Neuilly) censé mesurer les progrès réalisés en un an de course à pied (couru avec Roch dit WTF) puis s'est poursuivi, une semaine plus tard, un 20 km six mois après avoir couru le Semi Marathon de Paris avec Gabrielle, Eric et Frédéric, qui étaient du Semi 2014 et David qui s'est mis à la course à pied il y a quelques mois et affrontait la distance pour la première fois.
Ce post aurait donc pu s'intituler "benchmark" ou "same player, shoot again".
Ces deux journées, ajoutées à la journée passée à courir dans les jardins du château de Versailles en juin ( voir http://42ans-42bornes.over-blog.com/2014/06/saint-suaire.html ), ont plutôt été l'occasion de vérifier que malgré les velléités de courir ensemble, de participer à des évènements collectifs (plus de 30 0000 coureurs sur les 20km de Paris) la course à pied reste un sport individuel avec, chacun son rythme, chacun son objectif.
Un exemple frappant pour illustrer l'impossibilité (sauf à en faire un objectif à part entière) de courir ensemble.
Frédéric, dont la préparation a été amputée par des séquelles des parties de foot endiablées de cet été dans Les Landes, a illustré ce que je croyais être un mythe de la course à pied, le negative split. Pour les non initiés, le concept est de courir la deuxième moitié de la course plus vite que la première moitié, ce que seule une minorité des coureurs d'élite, sur longue distance, parvient à faire. Mission accomplie pour Frédéric qui boucle donc le 20km à la moyenne de 11.88 km/h (après une première moitié de course à 11.55 km/h).
Eric, dont la préparation a été amputée par un lumbago survenu à quelques jours de l'épreuve a, lui aussi bouclé le 20 km à la moyenne de 11.88 km/h. Sauf que comme son point fort est le 10 km, il est parti comme une balle de fusil pour finir un peu plus lentement.
Résultat, même temps, même vitesse, pas une seconde passée ensemble.
Mais malgré cette pratique forcément solitaire, dire que les coureurs sont seuls serait une erreur. Ce n'est pas tant la course qui les réunit que l'expérience partagée de la course avec, chacun à son niveau, l'expérience de la même effervescence avant le départ, du même parcours avec son départ en montée et ses derniers km en goulet d'étranglement, des mêmes difficultés à évoluer sans bousculer ou se faire bousculer, quand les coureurs ne sont pas répartis par SAS de niveau, du même plaisir à prendre un peu trop longtemps pour doubler les danseuses du Moulin Rouge (pour les photos, il faut s'inscrire à la version premium du blog :-)) qui participaient à la course (il paraît que Gabrielle, elle, n'a rien remarqué). Au delà même de la course, il y a l'expérience commune, à défaut d'être partagée, de l'entraînement d'une part et de l'état de maturité du coureur dans son parcours (débutant, faux débutant, intermédiaire, confirmé, etc, etc) d'autre part. Ainsi, entendre David parler de sa préparation pour son premier 20km et le voir réaliser la distance (qui était une inconnue) dans le temps prévu par son plan d'entraînement m'a rappelé qu'il y a six mois je faisais face aux mêmes incertitudes, et au même plaisir à l'arrivée, à l'occasion de ma première participation au Semi Marathon de Paris.
Quand, en plus, la journée se poursuit par un repas commun, l'expérience est réussie.
Enfin, surtout pour les coureurs.
Les conjoint(e)s, qui supportent entraînements, course et remémoration de la course ont, en plus, à gérer le dit repas ...
Heureusement, pour les aider à surmonter ces épreuves, il y a, plus tard, le corps sculpté des athlètes d'un jour (enfin, du surlendemain car le jour même, trop fatigué, et le lendemain, courbatures).
Merci à tous pour ces bons moments entrecoupés d'une course.
A suivre ...