Bon moisiversaire : Skippy
J'avais, bien malgré moi, acquis les premières chaussures de courses spécifiquement désignées pour ne pas courir (http://42ans-42bornes.over-blog.com/2014/11/bon-moisiversaire-cadeau.html).
Pas le moins du monde instruit par cette expérience, je me suis donc rendu, pour ce premier week end de soldes, dans une autre boutique running (l'excellente boutique du marathon) sous le prétexte de compléter mes acquisitions Marathon des Sables.
Et là, miracle, je suis tombé sur LA paire de chaussures dont rêvent tous les coureurs depuis la nuit des temps (enfin, depuis l'invention de la chaussure de sport en tout cas), c'est à dire la chaussure ressort.
On comprend d'autant mieux c'est engouement quand on observe l'image suivante où le dieu vivant du trail, Kilian Jornet (record de vitesse de l'ascension du Cervin, du Mont Blanc, du Kilimandjaro, du Mont Mac Kinley, de l'Aconcagua et, l'an prochain, de l'Everest), pour la première fois de sa vie, n'est pas premier dans une course à pied.
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On a trouve la solution pour battre Kilian Jornet !
On a trouve la solution pour battre Kilian Jornet !
Historique ...
Bref, l'arme absolue, ou peu s'en faut, du running.
Je vous vois déjà sourire, me prenant pour un gogo prêt à tout pour trouver la chaussure qui court vite comme disent les enfants.
Je ne peux pas vous en vouloir, les tentatives récentes de captation du marché des gogos du running ont été nombreuses.
La démarche la plus aboutie est celle développée par Airia One qui, sur la base de la promesse de nous faire courir 7% plus vite, a levé avec succès des fonds avant même de produire la première chaussure. Just for fun, allez calculer combien de temps vous gagneriez avec cette chaussure révolutionnaire (en bas de page).
Une démarche plus subtile, en ce qu'elle ne promet rien (si ce ne sont les traditionnels "meilleur amorti, meilleur renvoi d'énergie") mais fait puissamment appel à notre inconscient en matière de chaussure à ressort est le fait de Adidas avec son modèle Springblade modestement vendu à 180 Eur la paire.
Je n'ai pas trouvé une seule revue d'utilisateurs (qui ne soit pas sponsorisée par Adidas) qui trouve le moindre avantage (à part en matière de look décalé) à courir avec ces chaussures.
Bref, malgré les apparences, je ne tombe pas dans tous les panneaux marketing du running en matière d'équipement.
Néanmoins, mon attention a été attirée par le look d'une marque Suisse, On Running dont la promesse marketing est de nous faire courir comme sur des nuages.
Bien entendu, pas question d'acquérir une paire de chaussures de course à pied sur la base du seul look, je cours trop pour me laisser convaincre par ce type d'argument ...
Je me suis donc approché d'un vendeur pour qu'il puisse me convaincre, sur la base d'arguments techniques, que ce n'était pas pour le look que j'allais acheter ces chaussures dont je n'ai pas franchement besoin.
Son argumentaire " Ce n'est pas plus mal qu'une autre marque en matière d'amorti ...".
Face à tant d'enthousiasme, j'ai donc cessé de prétendre que j'étais motivé par autre chose que la curiosité et ai complété mon panier avec le modèle Cloud Surfer de On Running, Swiss design ("atterrissage en douceur, propulsion en puissance", un peu comme les Adidas Switchblade ...).
Après tout, quand un pays qui a inventé le Velcro, le papier d'aluminium, le Muesli, le couteau Suisse, l'horlogerie de précision et le chocolat Lindt prétend avoir fait une avancée technologique en matière de chaussures de course, pourquoi ne pas s'y intéresser ?
L'idée de la chaussure est de combiner l'amorti d'une chaussure d'entraînement (amorti qui évite de se blesser mais implique poids et manque de dynamisme) et le dynamisme d'une chaussure de course (qui sacrifie le confort des articulations à la performance) tout en incitant le coureur à respecter une attaque au sol parla plante des pieds (et non le talon), ce qui est l'alpha et l'omega de la technique de course.
Bref, le meilleur moyen de se rassurer à l'entraînement, en allant un peu plus vite que d'habitude pour un niveau d'effort donné.
Bref, je sors de la boutique marathon avec deux sacs pleins de chaussures, accessoires, etc, etc, convaincu d'avoir fait d'excellentes affaires puisque j'ai acheté moins cher, grâce aux soldes, des articles que je n'aurais jamais acheté autrement ...
Place au test, dès le lendemain.
Je sors les chaussures de la boîte et me rends compte qu'elles ont un numéro de série qu'il faut enregistrer sur le site de On Running. Je ne sais pas bien ce qui se passe si on ne les enregistre pas. L'amorti révolutionnaire n'est pas activé ? On ne peut pas courir ?
Bête et discipliné, j'enregistre la paire de shoes sur internet puis me lance dans ce que mon plan d'entraînement qualifiait d'un jogging de récupération.
Et là, surprise, sans faire exprès, je me retrouve à courir 50% de plus que prévu en termes de distance et à un rythme 20% plus élevé que prévu, le tout sans fatigue particulière.
Mais comme je ne cours pas l'œil rivé à mon chrono et que je ne suis pas très doué dans la gestion des mes allures de course, j'hésite à attribuer cette heureuse surprise aux nouvelles chaussures.
Néanmoins intrigué, je décide de réaliser un véritable test scientifique avec groupe témoin (moi) pour comparer les performances de mes Asics canal historique et de mes On Running canal révolutionnaire.
Je décide donc de courir deux fois 10 km avec les nouvelles chaussures un jour (aller retour au bureau) et, le lendemain, de répéter la séquence avec les chaussures habituelles. Ce faisant, j'ai bien conscience que je serai un peu plus fatigué le deuxième jour que le premier et que cela peut influer sur les résultats mais difficile, en ce moment, de trouver un jour où je ne suis pas fatigué par les kilomètres parcourus la veille.
Mardi, je me lève donc avant l'aube (c'est facile en hiver) et me rends au bureau en Cloud Surfer. Rien à signaler, temps de parcours dans la moyenne habituelle, pas de douleurs, sensation de course agréable avec une foulée plus bondissante que d'habitude, à tel point que je me surprends à répéter, au rythme des mes impulsions : boing, boing, boing, boing (à 175 appuis par minute, cela saoule vite).
Le soir, même parcours, dans l'autre sens. Habituellement le retour du soir est toujours un peu plus lent, fatigue de la course du matin et de la journée accumulée se faisant sentir. Et là, retour des sensations du premier jour de test et meilleur temps de parcours depuis longtemps sur ce tronçon, le tout avec le même effort que d'habitude et, surtout une sensation de dynamisme et de légèreté bien agréables dans un quotidien de coureur plutôt caractérisé par les jambes raides de l'effort de la veille. Boing, boing, boing, boing
Je finis la journée convaincu que les Cloud Surfer sont l'arme secrète du coureur.
Mercredi, je me lève avant l'aube (c'est moins facile que la veille) et hésite à mener le test au bout ; pas envie de remettre mes Asics et de retrouver une foulée pesante. En fait, pas vraiment envie de courir.
Un café et un carreau de chocolat plus tard, Asics aux pieds, je m'élance. Rien à signaler, pas de douleur, pas de boing, boing, boing, boing, temps de parcours un peu plus rapide que la veille mais dans la moyenne habituelle.
Retour le soir, toujours pas de boing, boing, boing, boing, pas de sensation de vitesse particulière, pas de soucis non plus. Temps de parcours plus lent que la veille mais plutôt dans la bonne moyenne habituelle.
Et donc ?
Et donc, en matière de performance pure, à 1 minute près (c'est à dire rien sur un parcours de 20 km parsemé de feux rouges), même temps de course. Pas d'avantage pour les Cloud Surfer vs Asics sur des entraînements de 10 km.
Arnaque alors ?
Dans la mesure où je ne cours pas moins vite et que je ne me blesse pas plus avec les Cloud Surfer et où les sensations de course sont bien plus agréables (boing, boing, boing, boing), je ne suis pas mécontent d'une acquisition qui a le mérite de ré enchanter un peu la répétition d'entraînements, ce qui n'est déjà pas mal.
Reste à les tester sur des distances plus longues pour confirmer ces bonnes sensations.
Gogo alors ?
C'est certain, victime du marketing.
Mais bon, un jour ou l'autre mes Asics arriveront en fin de vie et il me faudra les remplacer. J'ai juste un peu anticipé sur cette échéance ; je ne vais pas courir nu pied non plus ... (encore que le barefoot running se développe de plus en plus).
A suivre ... jusqu'aux prochains soldes.


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