Marathon des Sables, J-22
Après une sortie longue hier, aujourd'hui sortie courte d'une heure. J'ai donc utilisé les chaussures qui vont vite plutôt que celles qui vont loin. Sensation de légerté aux pieds, protestation des articulations qui s'étaient habituées à l'amorti des chaussures plus lourdes.
Mais là n'était pas l'essentiel de cette journée sportivement light, Marathon de Marseille (dimanche) oblige.
J'ai reçu les maillots réalisés par mon sponsor à l'occasion du Marathon des Sables et ai essayé la version manches longues. Sûrement parfaite pour le désert vu comme j'ai eu froid aujourd'hui à Paris ;-)
Curieuse affaire que le sponsoring.
Eu égard au budget MDS, on y pense forcément et puis, selon sa nature, le temps disponible, etc, etc on va, ou pas, toquer aux portes pour tenter de troquer quelques deniers contre quelques miettes de notoriété ou retentissement médiatique local, voire, pour les élites, national.
Et puis arrive le moment où se précise la perspective d'un partenariat et des interrogations qu'on n'avait pas envisagées.
Par exemple, être sponsorisé par une chaîne de grands magasins d'article de sport n'est pas très engageant (sauf en cas de pratiques sociales douteuses avérées) au sens où le spectateur dont l'imaginaire aura été frappé par l'association MDS - Chaîne de magasins aura toujours, au sein de ce magasin, le choix entre plusieurs articles.
De la même manière, être sponsorisé par une chaîne de grands magasins de bricolage ou matériaux de construction ou une compagnie d'assurance (pensez rugby, c'est d'actualité) n'est pas très engageant non plus, il y a peu de chances que le spectateur fasse un lien direct entre des résultats au MDS d'une part et l'endroit ou acheter marteau, parpaings ou assurance habitation.
En revanche, être sponsorisé, comme beaucoup d'athlètes, par une marque d'articles de sport est un peu plus engageant. D'une part parce qu'il leur faut utiliser le matériel dudit fabricant (et quand on connaît le fétichisme de certains coureurs pour certaines des marques les plus en vue, cela doit parfois leur poser un problème de changer d'écurie). D'autre part parce que le spectateur est fondé à faire un lien direct entre performance au MDS et marque arborée. Et là, l'athlète ne contribue plus uniquement à la notoriété de la marque mais en devient prescripteur, même sans le vouloir, quoi qu'il puisse penser de la gamme de produits de la marque.
Sur un mode ironique, observons que la plupart des coureurs du MDS seront, malgré eux, les porte couleur -reconnaissables entre mille- de deux ou trois marques auprès desquelles (moi le premier pour le sac à dos et les guêtres) ils auront acquis le matériel spécifique. De ce point de vue, ils seront l'égal des élites.
Fort heureusement, mon retentissant anonymat m'a mis à l'abri de toutes ces sollicitations et de tous ces cas de figure et je n'ai pas eu à me poser de questions. Et si j'avais eu à le faire, je me serais certainement rassuré en pensant à l'absence d'impact médiatique de ma première participation au MDS.
Mais ça c'était avant, avant que ne se profile l'opportunité de collaborer avec une marque de nutrition sportive et bien-être qui va se lancer en France après avoir conquis USA (son pays d'origine), Japon, Royaume Uni, Allemagne et Italie.
Et là, en matière d'interrogations, c'est le pire du pire au sens où, pour tous les cas que j'ai cité précédemment, au pire, le lien sponsoring est un peu bidon (le coureur n'a pas couru plus vite grâce à la marque de chaussettes de compression ou de chaussures à crampons en plastique moulé, ou ....) mais personne ne sera blessé du fait de l'utilisation des produits de la marque arborée.
En revanche, en matière d'alimentation, nous avons appris à nos dépends, grâce à la vache folle et à Findus, à nous poser des questions et à être circonspects. Et donc, au moment où on devrait se réjouir de pouvoir mettre en place un partenariat, on se retrouve à freiner des quatre fers, ce qui n'est pas très bon pour l'entraînement et la performance.
J'ai eu la chance de tomber sur des gens (merci Mathilde, merci Isabelle) qui m'ont laissé le temps de jouer les cobayes pour voir dans quelle mesure je pourrais avec conviction arborer leurs couleurs.
Je ne vous fais pas l'article, ce n'est pas l'objet du post mais ce partenariat m'a, en plus, permis de régler une partie de ma préparation (l'alimentation) que je ne maîtrisais pas et dans laquelle je n'avais pas envie de m'investir.
Bref un partenariat gagnant-gagnant, même si je ne vais pas gagner le MDS (le finir en bonne santé sera déjà une victoire).
De ces réflexions sponsoring sportif, je suis ressorti avec deux questions auxquelles je n'ai pas trouvé de réponses. Peut-être pourrez vous m'aider :
1. Tsonga mange-t-il vraiment des Kinder Bueno ?
2. A-t-on déjà vu un laboratoire pharmaceutique sponsoriser une équipe du Tour de France ?
A suivre ...