Europathon, 6/29, Londres
Quand il s'est agi de planifier les différentes étapes de l'Europathon, j'ai cherché à associer les villes à des dates signifiantes. Je suis donc allé à Londres lors de la semaine pendant laquelle le résultat du tirage au sort des participants au marathon de Londres 2016, loterie à laquelle je m'étais inscrit, serait annoncé.
J'ai bien fait d'aller à Londres courir un marathon par moi-même ; le sort ne m'a pas été favorable pour 2016.
Je ne m'en plaindrai pas : il semblerait qu'au pays de Mo Farah et Paula Radcliffe, la course à pied n'est pas un loisir mais un sport à part entière ; mon étape londonienne est la seule pendant laquelle je n'aurai pas dépassé un seul coureur de la journée ; j'aime autant qu'il n'y ait pas de photographes et chronométreurs pour immortaliser cette humiliation.
Instruit par l'expérience des étapes précédentes, à savoir qu'il est inutile de préparer un parcours à l'avance, celui ci s'imposant naturellement une fois sur place, ce n'est qu'une demi heure avant mon départ matinal que je me suis enquis de l'emplacement de la gare St Pancras à Londres et de sa position relative à la Tamise où j'envisageais de courir. Ces quelques secondes de "préparation" ont été suffisantes et le parcours épousera bien les rives de la Tamise, dans les deux sens, entre Chelsea et Canary Wharf avec détour par chacun des parcs jouxtant The Thames Path.
Pour avoir souvent couru sur les berges des fleuves ou lacs, c'est souvent le meilleur moyen d'éviter les dénivelés ravageurs, j'ai pris l'habitude de retenir ma respiration à chaque fois que je passe à proximité de piles de pont, ces piles semblant avoir pour les humains le même attrait que les bornes à incendie et les arbres pour les chiens.
Sauf à Londres. Les piles de pont sentent la bière plutôt que l'urine. Je ne saurais dire si c'est un état permanent ou l'effet temporaire de la coupe du monde de rugby (oups, désolé messieurs les anglais, j'avais dit que je n'en parlerais pas) mais c'est nettement plus agréable.
Sauf que Decaux et ses sanisettes n'ayant pas encore colonisé tout Londres, on en est vite réduit à se demander où se soulager, craignant de devoir faire sien un adage de l'ultra trail en mode compétition (I peed thrice but I stopped only twice). Ce ne sera donc pas ma respiration qu'il m'aura fallu retenir cette fois-ci ...
Pour une visite guidée et passionnante des vespasiennes et sanisettes d'Europe, il faudra attendre que je sois plus avancé dans l'Europathon. A ce stade, disons que les seuls dans lesquelles j'ai osé remplir mes gourdes d'eau étaient, sans surprise, à Genève.
Pour en revenir à des considérations plus pédestres, la météo, atypiquement ensoleillée, m'a permis de découvrir sous son plus beau jour la superbe ville de Londres où modernité et tradition se le disputent, où les rues et rives de Tamise sont d'une propreté dont Paris pourrait s'inspirer, où les parcs sont à la fois bien entretenus et sauvages. Bref, et c'est douloureux de l'écrire pour un frenchie, l'étape londonienne a été, à ce jour, la plus belle et agréable de mon périple européen.
Et une fois ma ballade ensoleillée achevée, j'ai adoré que même au sein de la gare la librairie où je me suis approvisionné en nourritures spirituelles avant de m'effondrer dans l'Eurostar propose aussi un afternoon tea, un peu comme si Angelina et Brentano's avaient fusionné à Paris.
A suivre ...
Une illustration du dynamisme architectural londonien
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