Europathon 10/29, Milan

Publié le par Grégoire CHEVIGNARD

Mais où est l'eau ?
Mais où est l'eau ?

Italie, Milan, dernier jour de l'Exposition universelle pour cette étape transalpine de l'Europathon.

Maintenant parfaitement rodé à l'exercice, je n'ai rien préparé, et surtout pas le parcours. Je sais qu'il faut passer voir Il Duomo et, pour le reste, je suivrai les berges du principal fleuve de la ville car, comme chaque étape de l'Europathon l'a démontré jusqu'à maintenant, pas de grande ville sans fleuve, rivière ou port, ne serait ce que pour des raisons pratiques de ravitaillement.

Comme il faut une exception à chaque règle pour la confirmer, cette exception sera Milan.

Les italiens ont réussi à bâtir la plus riche de leurs villes à l'écart de tout cours d'eau majeur, ce qui ne me facilitera guère la navigation, et ce d'autant moins que comme dans toutes les villes anciennes, il existe peu d'axes de circulation longs et rectilignes qui permettent de courir sans se préoccuper de l'itinéraire à suivre. Bref, j'aurais consacré presque autant de temps à scruter plans, cartes et noms des rues qu'à courir.

C'était un mal pour un bien, ces pauses obligatoires avant de traverser m'ont certainement permises de rester en vie.

En effet, une des difficultés de la course en milieu urbain est de parvenir à courir sans être victime d'une collision avec un autre piéton, un skater, un cycliste, un scooter, une automobile, un bus, un tramway. Bien entendu, le tout avec la musique sur les écouteurs solidement vissés aux oreilles pour ne pas être averti par le bruit. Bref, cela demande une vigilance de tous les instants, vigilance qu'il est difficile de maintenir après quelques heures de course.

Je m'étais fait la remarque paradoxale que, pour le parisien que je suis devenu, rien n'était plus dangereux, pour le coureur à pied, que les pays où les règles étaient observées par tous. En Suisse, comme en Allemagne, les automobilistes s'attendent tellement peu à ce qu'un piéton surgisse devant eux en courant malgré le bonhomme rouge que leurs temps de réaction sont longs, très longs.

Je m'attendais, à Londres, à être désorienté par la conduite à gauche et, donc, l'inversion des réflexes de piéton en termes de vérification de la circulation routière avant de traverser. Mais comme la plupart des trottoirs sont affublés d'un "look right" ou "look left", le danger reste limité pour le coureur continental indiscipliné.

Je m'attendais, en Italie, à être enfin à l'aise avec les pratiques des piétons que j'imaginais devoir se comporter comme des parisiens pressés et dédaigneux de la signalisation routière. C'est assez surpris que j'observe un groupe d'italiens attendre patiemment que le signal passe au vert pour les piétons au premier croisement ; je passe en courant. Idem au deuxième croisement. Au troisième croisement, la foule est telle sur le trottoir que je ne parviens pas à passer, ce qui me sauve la vie : en Italie, ce ne sont pas les piétons qui ignorent la signalisation routière, ce sont les véhicules motorisés ! Ici pour que brûler un feu rouge choque, il faut descendre de sa voiture, arroser un feu tricolore d'essence et embraser le tout.

Cette étape milanaise aura été l'étape de tous les loupés logistiques.

Arrivé la veille au soir pour tenter d'avoir un peu de temps pour visiter l'exposition universelle, je n'ai pu y mettre les pieds tant la foule qui tentait d'y accéder pour la dernière des nocturnes m'a rebutée.

Sans parcours préparé, et faute de cours d'eau, j'aurai parcouru l'ancienne ville dans tous les sens plusieurs fois -ce qui, touristiquement parlant n'était pas désagréable- mais me serai aussi retrouvé à courir le long d'une autoroute ou en des quartiers périphériques sans intérêt.

Ayant oublié de recharger ma montre GPS après mon étape Irlandaise, je me suis retrouvé à devoir courir plus longtemps que d'habitude (près de six heures) pour être bien certain (sans pouvoir en apporter la preuve) d'avoir parcouru au moins 42.2 km.

Afin de réaliser 1 Eur d'économie, j'ai acheté un billet de bus aéroport - gare centrale A/R dès mon arrivée. Ce qui m'a permis de me retrouver au mauvais aéroport pour repartir. Il ne faut pas confondre Linate et Malpensa ... Heureusement, j'ai pu, grâce à un taxi dont l'ambition est de mourir à l'occasion d'une collision routière, arriver à temps pour prendre mon avion de retour. Mais l'économie de 1 Eur n'a pas permis de financer l'ensemble de l'addition taxi ...

Bref, très belle étape touristique, étape running sans grand plaisir, prestation logistique calamiteuse.

A suivre pour d'autres aventures moins logistiquement calamiteuses.

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Publié dans Europathon

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M
Quel âne celui là !
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L
"La chèvre" à Milan interprétée par Grégoire C. : un épisode à ne pas rater...
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